Interview Série

Coach Atkinson, Ep.2 – « C’est un véritable meneur, un patron » (Jo Le Squère)

L'équipe de Brooklyn Nets France est parti à la découverte de Kenny Atkinson, à travers une série d’entretiens avec des personnalités qui ont bien connu le coach des Nets. Deuxième épisode avec Jo Le Squère, ancien président de l'Hermine de Nantes. #CoachAtkinson

Coach Atkinson, episode 2Head coach des Brooklyn Nets depuis 2017, Kenny Atkinson a d’abord été joueur avant de connaitre les bancs de la NBA. Meneur de jeu, l’Américain a pendant de nombreuses années foulé les parquets européens et a évolué dans plusieurs clubs français (Montpellier, Épinal, Mulhouse, Nantes & Evreux). Déjà entraîneur dans l’âme, il a également connu une expérience d’assistant coach au Paris Racing avant de s’envoler vers les États-Unis. Pour mieux comprendre le personnage, nous sommes allés discuter avec des personnalités ayant côtoyé de près le joueur Kenny Atkinson, mais également l’homme. Pour le deuxième entretien, M. Jo Le Squère, ex-président de l’Hermine de Nantes.

Jo Le Squère : « C’est un véritable meneur, un patron »

Jo Le Squère
Jo Le Squère – Président de l’Hermine de 1977 à 2006

Quels souvenirs vous avez gardé de Kenny ?

C’est très simple, d’abord il y a deux choses. Sur la partie basket, dès qu’il est arrivé, et ça on l’a senti rapidement : il a du caractère (rires). Il jouait très bien meneur parce qu’il faisait jouer les autres et quand il fallait il pouvait planter des paniers à 3 points. Ce n’était pas un shooteur fou, il n’en abusait pas mais enfin quand il fallait mettre il mettait. Et c’était surtout un patron sur le terrain. C’était très intéressant. Il parlait très bien français.

C’était une arrivée nécessaire pour vous ?

Je crois que c’est la saison 2003-04, on avait un petit peu… C’était compliqué. Il est arrivé au mois de mars parce qu’on n’était pas très bien collectivement. Quand il est arrivé on avait un peu changé l’équipe et de mémoire, les chiffres ne sont pas précis, sur 10 ou 11 matchs, on en a gagné 9 ou 10 ou 10 ou 11 ou quelque chose comme ça.

Et en dehors du terrain alors ? Comment était Kenny ?

Autrement, c’était un homme super parce qu’il était très intégré à la vie française. Et quand je dis « très intégré », c’est à dire qu’il venait dans l’association, il venait de temps en temps boire un petit coup avec tout le monde mais de manière tout à fait respectable. Avec les partenaires, avec les dirigeants. Donc oui, très intégré et très bien dans sa tête. On a eu qu’à se louer de son passage au club, c’était très positif. Quand il a quitté le club, je me souviens qu’il m’avait fait un petit mot sympa.

A quelle moment est intervenu la décision de signer Kenny en particulier ?

Il avait déjà fait ses preuves, je crois que c’était à Montpellier et à Épinal (Mulhouse également, NDLR), et partout où il était passé il avait été convaincant. La seule petite restriction qu’on pouvait avoir c’était l’âge, quoiqu’il n’avait pas un âge canonique quand il est venu, mais il avait dépassé la trentaine. J’avais pris mes renseignements avec le président d’Épinal, qui est maintenant responsable de contrôle de gestion de la Ligue, M. Cyril Muller, qui m’avait donné son avis. Il me l’avait fortement recommandé donc on l’a pris. Ça c’était la première fois. Et puis la deuxième fois, nous n’avions pas hésité parce que nous le connaissions bien.

« Il était paramétré pour être coach »

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Les deux licences de Kenny lors de ses passages au Nantes Basket Hermine.

La décision venait de qui ? Vous ?

De l’entraîneur (Thierry Chevrier à l’époque, NDLR). Je connais un peu le basket mais c’est surtout l’entraîneur. Et puis j’ai dis OK. Tout simplement. Quand j’étais président, j’avais tendance à écouter mes entraîneurs, ce n’est pas moi qui faisais les équipes. Je connais le basket, pas de haut niveau parce que je n’ai joué qu’en Nationale 3 mais enfin je connais un peu quand même. Et je connaissais aussi un peu son agent, Nicolas Paul, qui est toujours agent de joueur en France et qui est ami avec Kenny.

Vous avez déjà senti à l’époque qu’il pourrait avoir une carrière de coach ?

Oui oui ! Entraîneur d’ailleurs il le disait. Oui, incontestablement c’était un meneur d’hommes. Sur le terrain il menait les joueurs. On en avait parlé, je lui disais « Kenny tu pourras peut-être venir entraîner en France… ». Bon il ne disait pas oui, il ne disait pas non. Maintenant je comprends qu’entre la NBA et la France, il n’y ait pas photo. Mais oui, ça se sentait. Quand il est venu chez nous la deuxième fois (en 2004), il était quand même en fin de carrière. D’ailleurs je ne pense pas qu’il est re-signer ailleurs quelque part après. Il était paramétré pour être coach. Maintenant si on m’avait dit qu’il serait coach en NBA, je ne sais pas si j’aurais pu le croire mais il était paramétré pour être coach ça c’est sûr.

Ses statistiques à Nantes (Pro B) :
2001-2002 : 22 matchs ; 13.4 PPG, 3.5 RPG, 6.8 APG
2003-2004 : 18 matchs ; 9.3 PPG, 2.6 RPG, 4.7 APG

« Je le conseillerais à des présidents français »

Cette tendance au coaching se voyait dans son style de jeu axé sur le collectif…

Oui oui, il remettait l’équipe en ordre à chaque fois. C’était le meneur, il annonçait les systèmes, il montait le ballon, il plaçait, il faisait des passes décisives. Et quand il fallait mettre un shoot, il mettait un shoot. Toujours très collectif.

On a eu un américain une année qui était un emmerdeur de première, qu’on a été obligé de virer. On prenait souvent l’avis de Kenny, et je me rappelle qu’on avait discuté avec lui à ce sujet. On lui avait dit « Ouais mais si on le vire… » et il nous répondait « Ah faites ce que vous voulez, mais moi je pense que si vous faites comme ci ou comme ça, ça serait mieux ». Au final, on l’a viré et puis après tout s’est bien passé derrière (sourires).

C’est quelqu’un qui prenait beaucoup la parole ? Même après être arrivé en cours de saison ?

Oui oui. C’est vrai qu’il est un peu arrivé sur la pointe des pieds puis rapidement il s’est imposé. Et puis bon c’était un gars facile, puis il parlait bien français donc les liens étaient faciles avec lui. Moi je n’ai que de bons souvenirs avec lui. Je ne dis pas ça parce que… Mais franchement ça s’est très très bien passé, l’intégration a été parfaitement réussie.

Une possibilité en France selon vous ?

Je n’ai plus de responsabilités, mais si je pouvais oui je le conseillerais à des présidents français bien sûr. Je ne lui souhaite pas, mais c’est vrai qu’en NBA c’est compliqué. Il n’est pas sur les plus gros budgets non plus en NBA…

Propos recueillis par Ionim Fournier

(Le prochain épisode est a retrouver dès lundi prochain)

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