Malgré une élimination sans surprise au Game 5 par des 76ers logiquement supérieurs, les hommes de Kenny Atkinson ont grandi pendant cette série et reviendront le couteau entre les dents l’année prochaine.

Samedi 13 avril, Wells Fargo Center, Philadelphie, Game 1. Le groupe New-Yorkais s’apprête, après une saison fantastique qui a conquis les observateurs et les fans bien au-delà de la Nets Nation, à jouer son premier match de playoffs depuis 2015. Tout le monde sait qu’à partir de mi-avril, la NBA révèle son vrai visage, celui des playoffs ; une toute autre compétition que la saison régulière.  

Une série qui monte crescendo

Dans ce contexte, les Nets arrivent en petits nouveaux, face à des 76ers en mode pré-chauffe qui voient cette série face aux sixièmes de l’Est comme un bon entraînement avant de s’attaquer aux gros poissons de la conférence. Malheureusement pour eux, ce sont des Nets bien décidés à se déchirer sur le terrain qui se présentent au Game 1. D’Angelo Russell fera du D’Angelo Russell, 26/3/4 alors qu’on lui a prédit l’enfer en attaque avec un chien de garde comme Ben Simmons. Un jeu bien appliqué dans le prolongement de la saison régulière, tout le monde contribuant à l’effort collectif face à de Philadelphie pas en place, peu concentrés en dehors de Jimmy Butler. C’est donc une victoire pour Brooklyn et le premier upset de ces playoffs NBA.

Le Game 2 sera maîtrisé par Brooklyn jusqu’à la mi-temps, où un seul petit point les sépare des troisièmes de l’Est (65-64). Submergés en deuxième mi-temps par l’arsenal offensif des 76ers, la défaite sera lourde et logique (145-123). Cependant, notre Jared Dudley national passe réellement en mode playoff basketball et déclare en conférence de presse d’après match que « Si Ben Simmons est un très bon joueur en contre-attaque, il est moyen une fois sur demi-terrain ».  Une manière de protéger son équipe tout en montrant que rien n’est acquis pour Philadelphie.

On attend beaucoup des Nets sur les Games 3 et 4, car ils seront de retour aux Barclays Center dans une ambiance bouillante. Le Game 3 sera maîtrisé par l’équipe de Joël Embiid, qui gardera toujours quelques possessions d’avance pour ne pas être inquiété par les hommes de Kenny Atkinson.

Le Game 4, lui, sera l’apogée de cette série de Playoffs. Match étouffant, le genre de moment qui ne se vit pas en régulière, ponctué par un énorme barfight entre Jared Dudley et toute l’équipe des 76ers à cause d’une tentative d’assassinat d’Embiid sur Allen. Renvoi au vestiaire pour le daron des Nets et pour Jimmy Butler.

On assiste également à un gros match du crack Jarrett Allen, qui a décidé de ne plus calculer le pivot de l’équipe adverse, Caris LeVert fait du Caris LeVert, et on se dit que Brooklyn a pris le pli et est en mode playoffs. la défaite sur un shoot miraculeux de Mike Scott sera cruelle (112-108) mais nous confirmera que Brooklyn était prêt pour ce genre de confrontation. Le Game 5 à Philadelphie sera expéditif (122-100) et verra les 76ers avancer en demi-finale de conférence. Mais cette série laissera une expérience inoubliable sur laquelle pourra se construire une véritable volonté de regoûter à ces moments si spéciaux.

La création d’un « esprit Nets »

En effet, cette série a eu le bénéfice de faire découvrir à un jeune groupe ce que l’expression playoff basketball signifiait. Tout en poursuivant sur le puissant élan de la régulière, les Nets ont su monter d’un cran et regarder les 76ers droit dans les yeux. On ne refera pas la série, mais si la bande de D’Lo remporte le Game 4, c’est des adversaires plein de doutes qui repartent à Philadelphie.

On prédisait à Jarrett Allen une série cauchemar dans laquelle il se ferait manger tout cru ; au final, il s’en sort avec 11 points et 8,6 rebonds de moyenne, dont une pointe à 21 unités dans le bouillant Game 4. D’Angelo Russell a su lui prendre la gonfle quand c’était nécessaire pour aller déposer les floaters et les lay-ups importants, notamment au Game 1. Caris LeVert et Spencer Dinwiddie ont également su apporter leurs points quand c’était nécessaire. Jared Dudley à su vraiment step up défensivement, limitant fortement Ben Simmons au Game 1 (2 points en 22 possessions). Il a également su s’imposer comme le daron de ce groupe en posant son affaire sur la table pour répondre à des 76ers parfois arrogants, comme lors d’une conférence de presse au cours de laquelle Simmons et Embiid se moquaient d’Allen devant les médias. Il explose au Game 4 et provoque une bonne grosse baston pour protéger son pivot qui venait d’échapper aux bras du géant camerounais.

Des joueurs comme Shabazz Napier, Joe Harris et Rondae Hollis-Jefferson ont eu un rôle très important, durs au mal, apportant toujours leurs précieux points. Globalement, chaque joueur à su se rendre important à un moment ou un autre de la série et cela met en avant l’esprit de cette équipe : c’est un collectif qui joue et gagne ensemble et pas uniquement un joueur qui fait gagner son équipe (cf. une équipe du Texas).

Cette série de Playoffs a malheureusement signé la fin de saison des Nets, mais la fin d’une superbe saison, qui nous laisse espérer le meilleur pour les années à venir, grâce un groupe rempli de talents divers et complémentaires. Il manque seulement un gros scorer et la chance n’arrive jamais seule : c’est l’année des gros free agents. Les cannes à pêche seront de sortie côté front-office pour tenter d’attraper un gros poisson. Une chose est sûre: cette équipe des Nets n’a pas fini de nous faire rêver.


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