Depuis la blessure au genou d’Allen Crabbe, le poste d’ailier est verrouillé par Rodions Kurucs à Brooklyn. Dans la rotation de Kenny Atkinson, le rookie fait forte impression dans le 5 majeur des Nets et donne l’illusion que la NBA n’a déjà plus aucun secret pour lui. Retour sur son évolution et la soudaine hype s’étant créée autour de lui.

Avec le match contre Phoenix gagné en début de semaine, Rodions Kurucs jouait son 6e match de suite en tant que titulaire pour Brooklyn. Alors qu’il était dans la rotation en début de saison « Rodi » s’était blessé et ne jouait plus que quelques bouts de matchs à son retour et était même pas passé par la case G-League. Il disait d’ailleurs lui même qu’il s’attendait à jouer avec les Long Island Nets cette saison, mais depuis début Décembre, le Letton prend une autre dimension : il a éjecté Shabazz Napier de la rotation d’Atkinson et joue environ une quinzaines de minutes par match, en sortie de banc. Coach Atkinson l’a sorti de sa poche un peu comme un joker. Et force est de constater que son joker s’est révélé être un réel facteur X dans les 7 matchs remportés consécutivement. Le rookie choisi en 40e position de la dernière draft est tout bonnement sorti de nulle part et déjoue tous les pronostics. Tandis que Dzanan Musa évolue lui toujours en G-League, Rodions s’éclate sur les terrains NBA alors que personne ne le voyait ne serait-ce que s’installer dans la rotation sur le long-terme. Assiterait-on au début d’une success-story à l’américaine ? Complètement et les fans sen ont bien conscients tant le double 0 marque de plus en plus les esprits du Barclays Center. Nous avions découvert le phénomène lors du match contre Cleveland où il a été très précieux en fin de rencontre. Il a depuis starté tous les matchs suivants avec plus ou moins de réussite : 3 points face aux Lakers, 24 contre Indiana et son premier double double 16 points, 10 rebonds contre les Suns :

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Pourquoi plaît-il autant ?

D’abord, Rodions plaît à Atkinson de part son engagement sur le terrain. Vrai tête brulée made in Europe, Kurucs n’a pas peur d’aller au casse pipe et n’hésite pas à prendre des contact. Même s’il est encore assez fin, il harcèle son adversaire direct et est important au niveau physique. Capable de défendre sur les poste 2, 3 et 4 sur certaines séquences, le 40ème choix de la Draft 2018 ne lache jamais rien en défense. Le coach vente beaucoup son agressivité et son engagement à chaque fois qu’il mets les pieds sur un terrain :

« Il est sans peur, il n’est pas effrayé dans de nombreuses situations et joue extrêmement dur. » – Kenny Atkinson

Sur les 17 matchs qu’il a joué, Rodions tourne à 8,6 points et 3,2 rebonds de moyenne. C’est peu impressionnant à vu d’œil, mais sur les 5 derniers matchs où il a pris la place d’Allen Crabbe dans le 5 majeur, Rodi marque 12,2 points, capte 4 rebonds et délivre 1 passe par match, le tout en 26,4 minutes. Bilan de ces 5 matchs? 4 victoires 1 défaite ! Doté d’une confiance en lui naturelle, il n’hésite pas à prendre des tirs et driver. Il aime aussi se sacrifier pour aller chercher une balle perdue et bloque les pivots au rebond.

Pour les fans, Kurucs est une source de bonheur permanente : ils adorent la joie de vivre débordante du joueur, toujours le sourire aux lèvres et apprécient le côté vicieux de Rodi. Son backdoor ligne de fond peut être d’ores et déjà considéré comme son special move tant il use de cette coupe. Lui-même justifie cette intensité par son manque de temps de jeu durant les années précédentes du côté du Barça à la sortie du match contre les Suns ce lundi :

 » J’ai faim. Je n’ai pratiquement pas joué pendant 3 ans donc maintenant, je profite de chaque minutes qu’on me donne. » – Rodions Kurucs

Anectode, le Letton est encore plus précoce que Jarrett Allen ! The Fro a été titularisé pour la première fois au 42e match de la saison dernière alors que Kurucs a été titularisé au bout du 30e match. Cette info est à prendre avec des pincettes étant donné que les contextes ne sont pas les mêmes. De plus, il est le premier rookie des Nets depuis Brook Lopez en 2008 à marquer 24 points au bout de 17 matchs .

Que peut-on donc espérer de Kurucs dans un court/moyen terme ?

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Cela fait 6 matchs que l’on voit Rodions enchaîner les bonnes prestations dans le 5 de Kenny Atkinson. Il profite surtout de l’absence d’Allen Crabbe évidemment, mais qu’en sera-t-il lorsque celui-ci retrouvera les parquets NBA ? « We’ll see » (traduisez « on verra ») a déclaré Atkinson lorsqu’on lui a posé la question. Pas sûr qu’un joueur à 17 millions la saison soit utilisé comme joueur de banc, back-up d’un rookie encore bien méconnu en NBA. Donc, il est probable que Kurucs retrouve le banc dès qu’Allen Crabbe sera rétabli. Néanmoins, Kurucs bénéficiera peut-être d’un temps de jeu plus conséquent en sortie de banc.

« C’est dur de le sortir du match. Ce n’était pas le plan de lui faire jouer 34 minutes, mais il a gagné ses minutes. […] C’est une surprise très agréable. » – Kenny Atkinson après le match à Indiana.

Sur le plan financier, Kurucs a signé un contrat de 3 ans garantis plus une autre année en team option, le tout pour 7 millions de dollars, soit un peu moins de 2 millions la saison. Brooklyn a donc (encore) réalisé un joli coup en s’assurant une main d’oeuvre prometteuse à moindre coût.

Depuis un mois maintenant, Rodi se fait plaisir sur le terrain en profitant d’absence de joueurs importants. Malgré tout il a aussi su mériter sa place et passer devant des joueurs comme Musa, Napier et Faried aux yeux de son coach et du staff. Les fans des Nets que nous sommes déjà sous le charme de ce joueur « sorti de nulle part » mais qui a su saison sa chance depuis sa draft l’été dernier. Si on espère tous le retour d’Allen Crabbe qui sera une arme de plus dans l’optique d’aller décrocher le 8ème spot et donc une place en playoffs, on espère aussi que cela ne perturbera pas le développement du letton.


Apprenti journaliste fan des Nets depuis 2014, j'ai rejoint l'aventure pour la création du site fin 2015. Rédacteur et chroniqueur avec la vision de jeu de Jason Kidd et le sang-froid de D'Angelo Russell.

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