Après une première saison plus qu’encourageante, Jarrett Allen devra confirmer cette saison avec les Nets. Grand espoir de la franchise, le pivot drafté la saison dernière en 22e position possède toutes les qualités pour s’épanouir et devenir un joueur important à Brooklyn et même en NBA.

L’an 2 pour Jarrett Allen

Lors de son arrivée à Brooklyn il y a plus d’un an, le jeune pivot de l’Université d’Austin (Texas) était encore ce jeune rookie aux mains immenses et solide défensivement qui ne demandait qu’à se développer et qui deviendrait à terme le successeur de Brook Lopez dans la raquette de Nets. Un poids lourd à porter, même pour un joueur de 2.11m et 102 kg. À seulement 19 ans lors de la signature de son contrat rookie, et deux joueurs plus expérimentés à son poste à Brooklyn, rien ne pressait pour le géant à la coupe afro, surtout pour un 22e choix de la Draft. Pourtant le voilà désormais, un an plus tard, titulaire à ce fameux poste 5 aux Nets. Alors qu’on attendait le Russe Timofey Mozgov, que Tyler Zeller commença l’année dans le cinq et que les dirigeants essayèrent en cours de saison de relancer Jahlil Okafor, ce fut finalement Jarrett Allen qui s’imposa la saison dernière. Et les choses devraient rester en état cette saison encore. En grande partie grâce au talent et surtout au travail acharné de celui qu’on surnomme déjà « Fear the Fro ». Tout un symbole.

« C’est incroyable de voir à quel point il est mature, à quel point il est sérieux, concentré sur la façon de s’améliorer.  En ce moment, la force est un problème… On le voit sur le terrain dans les finitions, les rebonds, quand les joueurs plus vieux se débarrassent de lui. Mais ça va venir. Il a toutes les caractéristiques du gars qui va devenir un très bon joueur » confiait Kenny Atkinson en cours de saison.

L’ascension d’Allen

Cette place dans le Starting Five n’était pas gagnée. Les premiers matchs officiels du jeune rookie avec les Nets mettaient en exergue un cruel manque de confiance balle en main. Notamment lors des pick-and-roll. En difficulté face au jeu, mais aussi dos au panier où son jeu poste-bas manquait clairement de punch. Physiquement, même constat où sa frêle condition lui rendait les matchs compliqués, notamment face aux pivots adeptes de la salle de sport. Plus à l’aise défensivement, il fallait pour Jarrett Allen progresser offensivement et devenir une option viable pour les Nets lors des phases d’attaques. Avec 8.2 points en 20 minutes de moyenne, le tout à 58.9 % au shoot, la première année de Jarrett Allen peut être considérée comme réussie. Une année qu’il commença timidement donc, avant de prendre ses marques crescendo : 9 matchs à +10pts lors de ses 38 premières rencontres, 19 matchs à +10pts lors des 34 dernières. Avec un carrer-high le 2 février contre les Lakers et 20 points points dans la besace. La touche finale d’un début d’année civile exceptionnel pour lui.

Un hiver on fire

Fin janvier, Kenny Atkinson crée la surprise en titularisant pour la première fois le rookie. Une juste récompense après 3 matchs de suite à +10pts, et surtout en récompense d’un mois de janvier très régulier et des records personnels qu’il n’a cessé de battre match après match.

Jarrett Allen
Des stats entre le 23 janvier et le 7 février qui le propulse titulaire. Jarrett Allen ne quittera plus le 5 majeur ensuite. Source : Basketball-reference

En plus de noircir sa feuille de match chaque soir, Allen se met une partie du Barclays Center dans la poche avec quelques actions spectaculaires et quelques tomar claqués au nez et à la barbe de ses adversaires. 16 points et 12 rebonds contre Philadelphie le 31 janvier. Au match suivant, 20 points contre les Lakers (et un certain Brook Lopez) le 2 février à domicile, puis 13 points et 14 rebonds quelques jours plus tard contre Detroit, et voilà le jeune Jarrett Allen en plein rêve. Un rêve qui obligea Tyler Zeller à quitter la franchise pour Milwaukee début février justement. Et en plus de réussir individuellement, le numéro 31 des Nets brilla également collectivement avec une complicité évidente qui naquit cette saison sur le terrain avec certains de ces coéquipiers comme LeVert, Russell ou encore Dinwiddie. Sans oublier quelques actions mémorables comme un contre énorme face à Carmelo Anthony, ou ce poster dunk incroyable sur le pauvre Lauri Markkanen.

J. Allen fait face à B. Lopez
« Je ne dirais pas que je remplace Brook. Brook est unique. C’était bien de jouer contre lui. Il était le visage de la franchise ici et maintenant j’essaie moi aussi de le devenir. On s’est bien répondu, c’était un bon challenge ». L’élève fait face au maître ©Matteo Marchi/Getty Images

Jarrett Capela ou Clint Allen

Alors que les Big Men font de retour en NBA, se faire une place parmi eux n’est pas chose aisée. Et pour se faire, le rookie de Brooklyn a déjà choisi son modèle cette saison : Clint Capela ! En lice l’année dernière pour le trophée de MIP, l’intérieur des Houston Rockets était l’une des grandes révélations de l’année au poste 5. Une domination (presque) totale dans les raquettes, tant offensivement que défensivement, dont Jarrett Allen devrait s’inspirer cette année, comme le pense de nombreux observateurs, comme il le pense lui même et comme le pense son coach. « Je suis tellement excité à propos de ce gamin. C’est un Clint Capela, un Rudy Gobert moderne. Je ne veux pas mettre trop de hype sur lui, il était titulaire pour nous à 19 ans… Il sprinte comme une biche, il peut contrer des tirs. Il doit juste se renforcer physiquement. C’est un gars humble, sans ego mais avec beaucoup de fierté, si vous voyez ce que je veux dire » lâchait Kenny Atkinson cet été. Le point commun de tous ces joueurs ? Des armes de dissuasion massive dans les raquettes. Et même si le terme pour Allen peut sembler exagéré, le potentiel et les aptitudes sont bien présentes.

Pas de rookie wall

Deux stats démontrent tout le potentiel défensif de celui qui était encore la saison dernière dans sa saison rookie. Celle du nombre total de contres par match pour la classe rookie, et celle du du nombre de contre moyen par match chez les rookie toujours. Dans les deux catégories, Allen est le leader. Les deux fois devant le jeune John Collins d’Atlanta.

Malgré une (très) bonne saison, Jarrett Allen ne fut pas sélectionné au sein des All-Team Rookie. Une déception qui devra engendrer une plus grande motivation encore chez le pivot qui entamera son année sophomore en octobre prochain, avec une belle concurrence à son poste, celle de Ed Davis, fraîchement arrivé de Portland à l’intersaison. Si les qualités défensives du natif d’Austin ne sont plus à démontrer, c’est surtout offensivement qu’il devra faire parler la poudre. Et ça tombe bien, notre Fear The Fro a bien l’intention de rajouter une arme à sa palette offensive avec le shoot à trois points. Le joueur a récemment admis avoir bossé son shoot cet été, à mi-distance, mais aussi de loin. « Je dirais que je shoote au moins 50 tirs à 3-points par jour, presque une centaine ». L’année dernière, c’est un honorable 5/15 derrière la ligne dont nous avait gratifié l’intérieur. Un été a travaillé les séquences offensives et notamment sa vision du jeu : « Simplement la prise de décisions. En sortie du pick-and-roll, si je ne peux pas rouler directement vers le cercle, alors je dois être capable de faire la passe vers le corner, des trucs comme ça ». Bien évidemment, cela demandera un travail de longue Allen.


1 COMMENTAIRE

  1. […] Présent comme tout ses coéquipiers pour le Media Day, Jarrett Allen s’est pas mal exprimé aux micros des journalistes présents au centre d’entraînement de la franchise. Après une surprenante saison rookie, celui qu’on surnomme « The Fro » semble avoir énormément travaillé cet été et parfait plus prêt que jamais au moment d’aborder sa saison sophomore en tant que titulaire. […]

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