«Je suis un pivot de 34 ans jouant en NBA. Je suis noir. Et je suis gay.» Voilà quels étaient les mots de celui qui restera à jamais comme le premier sportif évoluant dans l’une des quatre grandes ligues américaines à faire son coming-out le 29 avril 2013 dernier lors d’une interview accordée au média américain Sports Illustrated.

Cette déclaration avait suscité beaucoup de réaction aux Etats-Unis et notamment parmi les joueurs de NBA comme celle du légendaire Kobe Bryant qui avait à l’époque tweeté «Fier de @jasoncollins34. N’étouffez pas qui vous êtes à cause de l’ignorance des autres.» Ou encore de son voisin de vestiaire à Washington, Garrett Temple qui avait déclaré «Je ne me doutais de rien. Il faut du courage pour faire ce qu’il a fait. Je suis fier de lui et je le respecte».

Dix mois après avoir révélé son homosexualité, Jason Collins est devenu le 24 février 2014, le premier athlète gay déclaré à évoluer dans l’un des quatre sports majeurs aux Etats-Unis ! Lui qui avait signé un contrat de 10 jours avec les Nets de Brooklyn où il avait déjà évolué entre 2001 et 2008 était du déplacement à Los Angeles avec sa nouvelle équipe pour le match face au Lakers. Le manager général des Nets, Billy King, profitait de l’occasion pour déclarer que la décision de recruter Jason Collins était « purement sportive » et que son homosexualité n’avait en aucun cas était prise en compte au moment de le signer.

« Nous avions besoin de renforcer notre secteur intérieur, et nous avons estimé qu’avec sa taille et son expérience, il avait le profil idéal ».

C’est au début du deuxième quart temps, et sous l’ovation du Staples Center que l’intérieur des Nets était entré en jeu pour ce qui restera à jamais un jour historique dans l’histoire de la NBA. Adam Silver, le patron de la ligue s’est d’ailleurs dit « fier que la NBA fasse preuve d’autant d’esprit d’ouverture et de marque de respect».

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Mais à 35 ans, Collins en a vu d’autres, et il ne veut parler que basket, et de la joie d’avoir retrouvé un boulot.

«Ce qui m’importe, c’est que je peux rejouer en NBA, et j’ai pris beaucoup de plaisir à être sur le terrain à faire des écrans et des grosses fautes. Ce soir, je n’ai pas provoqué de passages en force, mais ça viendra. La prochaine fois, je serai mieux placé. »

D’ailleurs il n’était pas questions pour Jason Collins de s’étendre sur l’impact de son retour sur les parquet américain.

« Le plus important, c’est qu’on ait gagné » répète t-il « Je me concentre sur mon jeu et sur l’apprentissage des systèmes, pas sur la dimension historique. Ce sera pour plus tard. Pour l’instant, je me concentre sur mon jeu, et sur ce que je peux apporter aux Nets. »

Quand on lui avait demandé comment il pensait que les joueurs vont réagir il ne passait pas par quatre chemins.

« Ma réponse est simple, je n’en ai aucune idée. Je suis pragmatique. J’espère le mieux mais je m’attends au pire. Les gens ont surtout peur que les joueurs homosexuels se comportent de façon inappropriée dans le vestiaire. Croyez-moi, j’ai pris énormément de douches en 12 saisons. Mon comportement n’a jamais été un problème avant et ne le sera pas maintenant. Ma conduite ne changera pas ».

Doc Rivers a souvent décrit Jason Collins comme le « professionnel des professionnels ». Une réputation qui avait permis au big man de se faire sa place en NBA.

« Chez les pros, plus vous vieillissez, plus vous devez être en forme. La saison prochaine, des yeux supplémentaires m’observeront et ça me motive encore plus pour travailler dur. Certains affirment qu’ils n’ont jamais rencontré d’homosexuels. Aujourd’hui, grâce à moi, on peut dire qu’aucun joueur NBA ne peut plus l’affirmer. Le basket professionnel est une famille. Et dans chaque famille, il y a un frère, une soeur ou un cousin homosexuel. Dans la famille de la NBA, je suis juste celui qui l’a annoncé ».

S’il portait la nuit de son retour le numéro 46, Collins l’avait très vite échangé pour son célèbre n°98, (Celui qu’il portait aux Celtics et aux Wizards). Un numéro important pour lui puisque c’est en hommage à un étudiant du Wyoming assassiné en 1998 parce qu’il était gay…

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Désormais retraité le big men continue son combat. Bien sur en tant que fan des Nets on ne peut que se féliciter que cette première soit à l’initiative de notre franchise, mais nous espérons surtout que son courage aura permis de briser le tabou du sport de haut niveau autour de l’homosexualité et fera évoluer les mentalités qui le régissent afin qu’aucuns sportifs n’ai à mentir pour pouvoir à l’avenir exercer son métier.


Mon histoire d'amour avec les Nets a commencé à New-Jersey au début des années 2000 et s'est poursuivie à Brooklyn. J'ai créé Brooklyn Nets France pour partager ma passion pour la meilleure franchise de NY.

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