ITW VINCENT

Alors que la Summer League s’est terminée depuis un peu plus de dix jours, nous avons eu l’honneur de pouvoir poser quelques questions à Vincent Poirier, le seul français a avoir porté le maillot des Nets à Vegas. Contacté via Twitter avant le début de la compétition Vincent a très gentiment accepté de jouer au jeu de l’interview avec nous… Calme et posé, le pivot de 23 ans nous parle de son expérience estivale avec les Nets à Las Vegas.

Bonjour Vincent. Tout d’abord, nous souhaitons te féliciter pour ta belle saison avec le Paris-Levallois, ta sélection dans l’Équipe de France, et cet appel des Nets en Summer League ! À 23 ans ça fait beaucoup, comment tu gères tout ça ?

Vincent : Très bien. C’est que du bonheur. On prend et surtout on savoure en se disant que rien n’est acquis et que pour mériter ça, il faut continuer à travailler dur car la concurrence est là.

Tu as été invité par les Nets à disputer la Summer League, peux-tu nous dire quand ont commencé les contacts avec les Nets et comment cela s’est-il passé ?

Vincent : Les contacts ont été pris avec mon agent, c’est lui qui gère ce genre de choses. Quant on me sollicite et c’est lui qui gère. Apparemment mon profil les intéressait.

La Summer League de Vegas a commencé le 7 juillet dernier mais on t’a vu présent à New-York près de 15 jours avant notamment au NBA Store avec Rudy Gobert, qu’as-tu fait d’autre durant tout ce temps ?

Capture d’écran 2017-07-24 à 16.51.04.pngVincent : Pour bien préparer la Summer League, avec mon agent, on a pensé que ce serait une bonne chose de se préparer physiquement et mentalement. On voulait prendre ça au sérieux. Donc j’ai eu une préparation avec un entraîneur et des consignes à respecter pour l’alimentation, le sommeil etc. Le soir on allait entre potes se détendre pour décompresser et évacuer le stress et la fatigue.

Tu as rejoint un groupe de 15 joueurs dont certains sont sous contrat avec les Nets et d’autres qui comme toi ambitionnent de gratter une place en NBA. Comment as tu été intégré et comment cela se traduit dans l’ambiance au quotidien ? Étiez-vous fixés sur vos objectifs individuels ou aviez-vous plutôt la volonté de s’entraider pour tirer le meilleur de chacun ?

Vincent : L’intégration s’est faite sans problèmes. On avait tous le même objectif. Une émulation s’est créée et on s’est tous encouragé. Loin de nos habitudes en France, on était là-bas pour performer une fois de plus. Le travail en équipe est une bonne chose.

Nous avons suivi avec beaucoup d’attention tes débuts et notamment ce premier match contre les Hawks. Un match particulier puisque tu joues 8 minutes mais prend rapidement 4 fautes et où tu semblais avoir eu pour consigne de ne pas prendre de shoot. Ensuite tu ne joues pas le second match, comment a tu vécus ces débuts ?

Vincent : A l’image de la compétition de haut niveau on ne te fait pas cadeau. Tu as beau être prêt mentalement et physiquement, tu ne détiens pas toutes les clés pour faire que ton intégration ou ton match soient une réussite. Il faut composer avec la forme du jour, l’adversaire, l’arbitrage, les plans tactiques du coach etc. Donc il faut être philosophe et patient. C’est une constante chez moi je ne me plains jamais. Il m’arrive de râler ou pester sur une décision et sur l’instant car je ne suis qu’un être humain après tout. Mais jamais je ne me plains. Savoir accepter et encaisser les mauvaises décisions te permet de revenir encore plus fort. Le contraire ne sert à rien si ce n’est créer du stress, de la frustration et donc de l’inefficacité.

Tu réalises ensuite un bon troisième match avec 11 rebonds dont 9 défensifs, 1 assists et surtout 3 contres en 11 minutes de jeu. Une belle performance de notre point de vue mais on aimerait savoir comment analyses-tu cette performance ?

Vincent : Ça confirme ce que je te disais avant. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Le premier jour fut un regret de ne pas avoir pu m’exprimer comme je voulais. Le deuxième jour fut un autre jour. La motivation étant toujours présente je me suis battu comme je me bats à chaque match. Je donne le maximum à chaque fois pour ne pas avoir de regrets. Quand je réalise de bonnes performances, je suis heureux et me dis que j’ai bien fait de m’entrainer dur. Il n’y a pas de fatalité dans le sport. Tu peux être bon un jour. Mais si tu veux l’être le plus souvent possible tu dois mettre toutes les chances de ton côté par le travail, le travail et encore le travail.

Lors du match contre les Lakers en quarts de finale, tu as joué quelques minutes contre Lonzo Ball, tu connais toute la hype autour de lui, quelle impression il t’a fait ?

capture-d_c3a9cran-2017-07-24-c3a0-16-48-15.pngVincent : Honnêtement ? La seule envie que j’avais était de prendre du plaisir en jouant contre lui. C’est tout. Sur le parquet, quand tu joues, tu dois être concentré sur ton jeu et ce que te dit le coach. Le reste c’est bon pour les journalistes ou la presse people (Rires). C’est leur taff de commenter et d’analyser ce qui se passe en match voire autour du match. La vie en dehors ne peut être réussie que si elle l’est aussi en jouant. Après le type est sympa, cool. On a transpiré tous les deux c’est le principal (Rires) !

 

Tu as fait très grosse impression chez les fans des Nets lors de cette Summer League notamment grâce à ton impact défensif et à ta faculté à poser de bon écran en attaque. Certains te décrivaient même comme le profil idéal pour intégrer l’effectif des Nets cette saison. Cette reconnaissance de ton travail te fait-elle plaisir ?

Vincent : Oui bien sûr. Partager ma joie avec le public me transcende et me motive. C’est sûr que quand on parle de toi en bien c’est toujours mieux. De toute façon je ne retiens toujours que le positif. Comme je le disais tout à l’heure, le négatif ne sert à rien, même pas à me remettre en question. Quand je fais un mauvais match je le sais, je le sens. Et mon coach est toujours là pour me le dire au cas où.

Tu évoluais il y peu en Nationale 1 avant d’éclore en Pro A cette saison avec le Paris-Levallois, et tu as même joué les Play-offs cette année. Quelle est la différence as-tu pu remarquer entre ce qui tu as vécu en Summer League et ton expérience en France ?

Vincent : L’impact du basket là-bas est bien plus fort. Tu le vois dans les rues, partout où tu te rends les gens parlent basket, mangent basket, dorment basket. C’est presque une religion pour eux. Et puis on sent le professionnalisme dans tous les petits détails qui font la différence et qui te font dire que tu es mis dans les meilleures dispositions pour donner le meilleur de toi-même. C’est agréable. Après, malheureusement, on ne mange pas comme en France. On ne peut pas tout avoir (Rires).

Tu sais qu’on est avant tout des fans des Nets et on ne peut pas laisser passer l’occasion de te questionner sur ceux qu’on suit avec passion chaque saison. Commençons si tu le veux bien par Kenny Atkinson, arrivé depuis un an à peine dans la banlieue de New-York et qui a déjà posé sa patte sur le jeu des Nets. Peux-tu nous parler un peu de lui ? Comment est-il lors des séances d’entrainement et les matchs ? Quelle relation a-t-il avec ses joueurs ?

Capture d’écran 2017-07-24 à 17.01.49.pngVincent : C’est quelqu’un qui est proche de ses joueurs et qui se soucie de l’humain. Je l’ai vu plusieurs fois mouiller le maillot à l’entraînement avec les joueurs, il aime ça et le fait qu’il coache l’équipe première et la Summer League le prouve. Pendant les entraînements il pousse tout le monde. Anciens comme nouveaux il avait vraiment à cœur de créer une alchimie même pour quelques jours dans ce groupe et ça a marché.

On t’en avait parlé avec un peu d’humour au moment de t’abordé mais tu as eu la chance de côtoyer Caris LeVert et Rondae Hollis-Jefferson qui sont nos « chouchous » dans ce groupe ! Peux-tu nous parler un peu de ces gars là ? Qu’est-ce qui t’impressionne le plus chez eux ?

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Vincent : Ce sont deux joueurs à caractère différent mais ils sont tous les deux cool. Rondae était un peu le meneur d’homme, celui qui prenait la parole et c’est un très bon joueur plein d’intensité. Un peu le relais du coach. Caris est plus dans le jeu. Il mène grâce à ses paniers et l’impact qu’il amène dans le jeu. Ce sont deux gars avec qui je me suis très bien entendu. Ils sont très abordables et ils n’hésitent pas à te donner des conseils en dehors et sur le terrain.

Pour finir on sait que tu as signé en Espagne cette été, mais tu nous avais expliqué sur twitter que tu disposais d’une clause te permettent de signer en NBA dès cette été. Peux-tu nous en parler un peu ?

Vincent : Pour faire simple, Baskonia m’a autorisé à saisir une opportunité NBA si elle se présentait. Ils ont été super fair-play et conciliants à ce sujet. Je les en remercie pour ça. Maintenant mon avenir est à Vitoria. Je compte bien apporter tout ce que je peux pour les aider à aller très loin en championnat et en Euroleague. Je suis heureux de ce challenge et ferai tout pour progresser et tout gagner.

Sans trahir de secret, peux-tu nous dire si tes prestations en Summer League t’ont déjà permis d’avoir des contacts plus avancés avec des franchises NBA ? Penses-tu pouvoir y jouer dès cette saison ou devra t-on attendre un peu pour te voir franchir l’atlantique ?

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Vincent : Même si la NBA est le graal pour tout basketteur, il ne faut pas oublier d’où je viens. J’ai commencé le basket à 17 ans. Il y a donc très peu de temps. A entendre mes coachs j’ai une marge de progression encore importante. Je vais donc continuer à travailler dur. Je ne veux donc pas aller en NBA pour me brûler les ailes et cirer les bancs. J’irai un jour ou l’autre et ce jour-là je continuerai à faire la fierté de tous ceux qui m’encouragent depuis mon aventure sportive. Je dois faire mes preuves. Gagner des titres. Sans oublier l’équipe de France qui reste un objectif de carrière et personnel très important pour moi. Porter le maillot bleu et vivre des émotions fortes est un rêve de gosse et je suis à deux doigts de le réaliser…

Vincent nous souhaitons au nom de tous ceux qui nous lisent te remercier pour ta disponibilité et ta gentillesse. Nous te souhaitons le meilleur pour la suite de ta carrière. On espère qu’elle te mènera de nouveau en NBA avec, sait-on jamais, un passage un peu plus long et couronné de succès du côté de Brooklyn !


Mon histoire d'amour avec les Nets a commencé à New-Jersey au début des années 2000 et s'est poursuivie à Brooklyn. J'ai créé Brooklyn Nets France pour partager ma passion pour la meilleure franchise de NY.

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